AccueilGaleriesCatalogue Gros temps
Galerie (Glisse), tempête

Session de gros temps : le windsurf par 45 nœuds de vent

Il y a les journées où la Manche décide de tout. Ce dimanche de janvier en était une : déformation isobarique serrée, 40 à 50 nœuds établis, une mer démontée sur les spots de la côte, et une poignée de windsurfeurs assez fous, ou assez talentueux, c'est selon, pour sortir. Pour le photographe, ces sessions de gros temps sont le sommet de la discipline : la lumière change à la seconde, l'embrun aveugle l'objectif, et chaque réglage doit être verrouillé avant même de sortir le matériel. Voici la méthode que nous appliquons quand la mer s'y met.

Windsurfeur dans les vagues par gros temps, embrun et ciel sombre
Plein surf dans le vent : la voile border, la lame explose. 1/2000 s, f/5.6, ISO 800, exposition verrouillée au manuel.

Avant tout : la sécurité et le bonheur du spot

Un photoreportage de gros temps commence par une évidence : si les sauveteurs ne sortent pas, le photographe ne sort pas non plus. On travaille depuis la plage, la digue ou les falaises accessibles : jamais depuis l'eau dans ces conditions. Repérez une voie de repli rapide, signalez-vous auprès des organisateurs ou des locaux si la session est informelle, et gardez toujours un œil sur la marée montante qui peut couper la retraite. Le meilleur spot de gros temps normand a une caractéristique précise : un vent de composante qui pousse l'embrun vers le large, pas vers vous. Les spots d'ouest dans une dépression sud-ouest, typiquement.

Réglages : tout au manuel, tout verrouillé

Le mode automatique est mort le jour de la tempête. Lumière chaotique, ciel blanc par endroits, noir par d'autres : la cellule n'a aucune chance. Notre protocole : mesure sur une zone moyenne, exposition manuelle calée pour les hautes lumières de l'écume (l'embrun crame à la moindre surexposition), et on n'y touche plus. Vitesse 1/2000 s minimum : le windsurf dans le vent est plus rapide qu'il n'y paraît : , ouverture f/5.6 à f/8 pour garder une profondeur suffisante sur les sauts, ISO en conséquence, généralement 400 à 1600 selon l'éclaircie. Rafale maximale, mise au point continue, et si la brume d'embrun gêne l'AF, retour au point fixe pré-fait sur la zone de saut.

Le conseil de la galerie

Ne vous battez pas avec les deux mondes : choisissez soit le ciel dramatique (exposition pour les nuages, silhouette du rideur), soit le rideur (exposition pour la voile, ciel brûlé). Les images qui tentent les deux à la fois sont presque toujours ratées.

Protéger le matériel dans l'embrun

L'embrun est un aérosol salin qui s'infiltre partout : contacts, baïonnette, molettes. Housses pluie d'objectif, élastiques de serrage, chiffons microfibre dans chaque poche, et le sac fermé sous un auvent ou dans le coffre. Un geste qui sauve : essuyer le filtre frontal toutes les dix minutes, jamais circulairement mais en tamponnant, pour ne pas polir le sel dans le revêtement. Rentré à la maison, matériels aérés, batteries retirées, et une inspection des contacts au coton-tige sec. La côte normande ronge discrètement le matériel, la nôtre vieillit assez pour le savoir.

Les images qui comptent dans le gros temps

Le saut est l'image reine : la catapulte au-dessus de la lame, la voile en appui, l'eau en gerbe figée. Mais la série de gros temps vit aussi de ses marges : le matériel sur la plage (petites voiles), flotteurs de vague, combinaisons épaisses : , les visages rougeoyants entre deux runs, le gréement mal commode à monter sous les rafales, la mer après le passage de la dépression. La voile elle-même raconte le vent : les voileries expliquent bien ce que choosing sailcloth for a boat change à la tenue du tissu, et l'œil du photographe voit la différence entre un monofilm neuf et une voile fatiguée. Ces images-là racontent la culture du gros temps, pas seulement l'exploit. Quand la tempête retombe, une autre lumière s'installe, notre galerie The End of Leslie Storm s'y consacre tout entière.

Sur la galerie de la tempête de janvier 2019, les vélos apparaissent souvent au second plan, posés contre un muret ou abandonnés sur le sable. La page du magazine consacrée au vélo d'occasion rappelle que le budget d'entretien se chiffre avant l'achat : contrôle du cadre, statut volé, état de la batterie. Pour le photographe, ces vérifications valent aussi sur le terrain : un cadre fissuré ou une roue voilée se lit dans l'image. Le lien vers le budget d'entretien d'un vélo détaille cette méthode, utile quand un cliché de tempête sert ensuite à documenter un matériel éprouvé.

Pour aller plus loin dans la grammaire de la glisse normande, le catalogue complet détaille chaque famille, et notre carnet de terrain résume la doctrine du magazine : arriver tôt, rester tard, respecter la mer.

Sur la côte normande, la tempete de janvier 2019 a laisse des images de vagues grises et de jetees frappees par le vent. Le travail en milieu humide demande de proteger le boitier et de choisir ses appuis avant que l'eau ne monte. La page du magazine consacree a la photographie sous-marine a Almería et au parc naturel Cabo de Gata-Níjar decrit une autre lumiere, plus limpide, et une autre contrainte, celle du caisson et du flash en apnee. Pour comparer ces deux pratiques, le lecteur peut consulter le guide pour plonger dans le Cabo de Gata, qui detaille sites, réglages et prise de vue.

L'autrice du dossier

Camille Leterrier, rédactrice du magazine. Journaliste sportive installée à Caen, elle suit le sport normand depuis une décennie, Proligue, concours complets, triathlons, et pratique la photographie en amatrice passionnée : chaque dossier croise le récit de l'épreuve et la méthode de tir. Voir son profil.