Photographier un accrochage pour compléter le constat amiable
Après un petit accrochage, les photos utiles sont au nombre de six à huit : une vue d'ensemble de la scène, la position des deux véhicules, le point de contact, chaque dommage de près, les plaques d'immatriculation et le contexte de la route. Elles se prennent avant de déplacer les voitures lorsque c'est possible, et elles complètent le constat amiable sans le remplacer. Un photographe de sport, habitué à raconter une action en quelques images, a un avantage : il sait déjà montrer un déroulé.
Pourquoi des photos en plus du constat amiable ?
Le constat amiable est un formulaire que remplissent ensemble les deux conducteurs pour décrire les circonstances d'un accident entre automobilistes. Il est conseillé par les assurances pour faciliter le traitement du dossier, mais il n'est pas obligatoire, et il ne vaut pas reconnaissance de responsabilité : c'est la société d'assurance qui la détermine. Le principe est résumé sur la page Constat amiable de Wikipédia.
Sur un parking de salle un soir de match, ou sur une route de campagne au retour d'un cross, les conducteurs sont pressés, fatigués ou énervés. Le croquis du constat reste approximatif, alors que des images se relisent à froid. Pour faire chiffrer ensuite la réparation à distance, un atelier comme Carrosserie Huveaune, à La Penne-sur-Huveaune, établit un devis gratuit en photos : des clichés bien pris servent donc deux fois, pour le dossier d'assurance puis pour le devis.
Dans quel ordre photographier la scène ?
Comme pour une galerie d'événement, on va du large au serré. Première image : la scène entière, prise à cinq ou dix mètres, qui montre les deux véhicules, la chaussée, le marquage et la signalisation. Deuxième image : la même scène depuis l'autre côté, pour qu'on comprenne les positions respectives. Ces deux vues rendent le croquis du constat plus fiable, parce qu'elles gardent des repères que l'on oubliera ensuite : un panneau, un passage piéton, un muret.
Troisième image : le point de contact, avec les deux pare-chocs ou ailes côte à côte quand les véhicules n'ont pas bougé. Si les conducteurs ont dû dégager la voie, une image prise après déplacement reste utile à condition de dire qu'elle l'est : l'honnêteté de la série en dépend. Il ne faut jamais remettre en scène une position.
Ensuite viennent les dommages un par un, d'abord de trois quarts pour situer la zone, puis de près. Le même principe que celui du reportage s'applique : un plan large pour l'ambiance, un plan moyen pour l'action, un détail pour la preuve.
Quels détails ne faut-il pas oublier ?
Les plaques d'immatriculation des deux véhicules se photographient en entier, de face, sans reflet. Elles évitent les erreurs de recopie sur le formulaire. La même démarche vaut pour le numéro du contrat, que l'on relève sur l'attestation, pas sur une image.
Photographiez aussi ce qui ne saute pas aux yeux : un feu fêlé, un capteur de stationnement déplacé, une calandre enfoncée, un frottement de pneu dans le passage de roue. Un dommage visible sur l'un des véhicules peut en cacher un autre derrière la tôle. Une fissure dans le plastique d'un pare-chocs se révèle sous un éclairage latéral, comme on le fait pour un moteur en atelier, et l'article sur les pièces et la cartographie moteur détaille cette lumière de côté.
Si le sol porte des traces, éclats de verre, liquide, marques de freinage, une image à hauteur de roue les montre. On ajoute enfin une vue du ciel et de la lumière, car une scène prise de nuit ou sous la pluie ne se juge pas comme une scène de plein jour.
Quels réglages choisir quand on est sous pression ?
Un boîtier de sport tient très bien la route, mais un smartphone suffit. Le plus important est de ne pas se fier au mode portrait, qui floute les bords, ni au grand angle extrême, qui déforme les distances entre véhicules. Une focale équivalente à 24 ou 28 mm rend les distances de façon assez honnête. On garde l'horizon droit pour que l'angle de la route soit lisible.
À la nuit tombante, il vaut mieux monter la sensibilité que d'utiliser un flash direct, qui écrase les reliefs et fait briller les plaques. Si l'éclairage manque, la lampe d'un second téléphone, tenue de côté, crée un relief suffisant pour montrer un enfoncement. Vérifiez la netteté en agrandissant l'image sur l'écran avant de ranger l'appareil : une série floue ne sert à personne.
Prenez le temps. Un réflexe de photographe de sport est de déclencher en rafale, mais ici la rafale ne sert à rien : il vaut mieux dix images réfléchies que cinquante images identiques. Il y a toujours un moment, en bord de terrain comme en bord de route, où l'on gagne à respirer avant de déclencher.
Que faire des images ensuite ?
Sauvegardez-les le jour même, hors du téléphone, et envoyez-vous la série par courriel pour fixer une date. Copiez le dossier dans un répertoire nommé avec la date et le lieu. Ne retouchez rien : ni recadrage serré, ni correction d'exposition, ni filtre. Une image modifiée perd sa valeur de témoin.
Pour l'assureur, joignez les images au dossier en même temps que le constat, avec une courte légende par image : « vue d'ensemble », « point de contact », « pare-chocs arrière gauche ». Pour un devis de réparation, conservez les mêmes clichés et ajoutez-en un ou deux pris de jour, à l'ombre, sur une voiture propre, car la lumière du soir cache les rayures.
Dans la mécanique du sport automobile, l'assurance et l'état d'un véhicule sont des sujets constants, de la préparation au sinistre. Le dossier sport automobile autour de Lyon rappelle comment une modification influe sur la couverture : un bon dossier d'images aide à y voir clair.
Ce qu'il faut retenir sur la route
La série idéale tient en une phrase : large, moyen, serré, plaques. Elle se prend dans un ordre stable, sans retouche, avec une lumière honnête et une copie sauvegardée le jour même. Le constat décrit, les photos montrent, et l'assureur tranche.
Un dernier conseil de terrain : gardez ces repères en tête avant de prendre la route pour un reportage, comme vous gardez en tête la liste de votre matériel. On espère ne jamais s'en servir, mais le jour où l'on en a besoin, savoir quoi photographier fait gagner du temps et de la sérénité.
Sources
Repères publics consultés pour nommer les lieux, les règles et les matériels :